La prise en charge du cancer du sein en France a profondément évolué, tant sur le plan des traitements que sur celui de l’organisation des soins.
Pour l’infirmier, qu’il exerce en établissement ou en libéral, le rôle dépasse aujourd’hui largement le simple soin technique. Il accompagne des femmes tout au long d’un parcours souvent long, fragmenté, et parfois difficile à comprendre.
Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez la femme en France. C’est aussi la première cause de mortalité liée au cancer chez la femme, avec plus de 12 000 décès chaque année. Près de 700 000 femmes vivent avec un cancer du sein actif ou sont sous surveillance : les soins infirmiers sont donc fréquents tant à l’hôpital qu’à domicile.
Lorsqu’il est correctement suivi, le dépistage organisé du cancer du sein permet de détecter la maladie à un stade précoce et d’améliorer nettement les chances de guérison. Informer les patientes, les orienter vers les circuits de dépistage officiels et lever les réticences fait partie intégrante de vos missions.
Mais le rôle infirmier ne s’arrête pas là.
L’infirmier accompagne les patientes à chaque étape du parcours de soins, du diagnostic au suivi au long cours.
En pratique, l’infirmier intervient pour sécuriser les traitements, surveiller l’évolution clinique, repérer les complications, soutenir la qualité de vie et informer les patientes sur les évolutions de leur prise en charge et sur leurs droits.
| À retenir : L’infirmier n’adapte jamais le traitement anticancéreux de sa propre initiative. Son rôle consiste à repérer les situations à risque, tracer les observations, appliquer les prescriptions médicales et alerter l’équipe d’oncologie selon les protocoles établis. |
Cet article propose un guide directement intégrable à votre pratique.
Il vous apporte des repères cliniques, des conduites à tenir et des outils de suivi utilisables au quotidien, aussi bien en oncologie qu’en soins de support. Pensé comme une check-list de terrain, il vise à vous aider à sécuriser vos décisions et à améliorer la continuité des soins tout au long du parcours.
Consultation IDE/IDEL en 10 minutes
Elle s’articule autour de 5 actions simples et reproductibles à chaque passage :
- Évaluer : la douleur (échelle 0-10), la fatigue, la fièvre, les signes de dyspnée, le transit, l’hydratation, l’état général et moral, l’observance des traitements.
- Observer : la peau et l’état de la cicatrice, la présence d’un œdème du bras, l’aspect de l’accès veineux (PAC, PICC, VVP) et des drains si présents.
- Éduquer : rappeler les consignes du jour, informer sur les signes d’alerte à surveiller, expliquer la conduite à tenir, transmettre le numéro à appeler selon la situation.
- Coordonner : transmettre les informations utiles au médecin traitant, à l’oncologue, à l’équipe de chirurgie ou au réseau de soins de support. Vérifier les rendez-vous à venir (oncologie, imagerie, kiné, APA).
- Tracer : 5 lignes suffisent souvent (symptôme principal, soins réalisés, éducation donnée, alertes ou transmissions et plan de suivi).
Le fil conducteur reste celui des soins de support, à interroger à chaque passage, même brièvement : douleur, fatigue, anxiété, moral, sommeil, nutrition, hydratation, difficultés sociales ou professionnelles, image corporelle et sexualité — si la patiente souhaite en parler. L’objectif est de soutenir et d’orienter si besoin vers les professionnels adaptés.
| Évolution : Depuis la loi n° 2025-106 du 5 février 2025, l’Assurance maladie a renforcé la prise en charge des soins et dispositifs spécifiques au cancer du sein (prothèses mammaires externes, sous-vêtements adaptés, tatouage médical aréolaire et certains dispositifs spécifiques). Informer les patientes, anticiper les besoins matériels et diriger vers les bons prescripteurs fait aussi partie de vos missions. |
Le rôle infirmier dans le cancer du sein : ce qui est attendu concrètement
Le rôle infirmier dans la prise en charge du cancer est multidimensionnel. Il s’agit de réaliser les soins techniques, mais aussi d’assurer la continuité et la sécurité des soins, ce qui exige une vision globale de la patiente, une adaptabilité et une coordination rapprochée avec les différents intervenants.
Vos quatre missions transversales
Le rôle infirmier s’organise autour de quatre missions transversales, présentes à chaque étape du parcours.
- La surveillance clinique répétée : elle favorise le repérage précoce des complications infectieuses, thromboemboliques, cutanées ou celles liées aux traitements. Elle permet une évaluation régulière de la tolérance thérapeutique et du retentissement fonctionnel sur la vie quotidienne.
- Les soins techniques et la sécurisation du domicile : pansements postopératoires, gestion des drains, entretien des accès veineux, injections et perfusions prescrites, adaptation de l’environnement de soins à domicile pour limiter les risques.
- L’éducation thérapeutique : elle consiste essentiellement à expliquer les traitements, les effets attendus, les effets indésirables possibles et les signes d’alerte. La répétition de messages clairs et cohérents participe déjà à la sécurité des soins et à l’adhésion de la patiente.
- La coordination ville-hôpital : elle implique des transmissions structurées, une orientation vers les bons interlocuteurs, un relais des soins de support. Elle permet d’assurer une articulation cohérente entre les différents temps du parcours de soins et avec le médecin traitant.
Prévention et dépistage : rappel express
Le dépistage organisé du cancer du sein concerne les femmes âgées de 50 à 74 ans, tous les deux ans, en l’absence de symptôme ou de facteur de risque particulier. Il repose sur une mammographie et un examen clinique réalisés chez un radiologue agréé, pris en charge à 100 %.
En présence de symptômes évocateurs — masse palpable, écoulement mamelonnaire, rétraction cutanée, rougeur persistante , le parcours devient diagnostique et ne relève plus du dépistage organisé.
Votre rôle consiste à expliquer l’intérêt du dépistage, lever les freins encore présents et orienter vers les circuits officiels.
Tableau : Parcours → Actions infirmières → Interlocuteurs
| Étape du parcours | Objectif principal | Actions infirmières prioritaires | Interlocuteurs / relais |
| Annonce et début de parcours | Compréhension et sécurisation | Expliquer le plan de soins Repérer la détresse et les besoins Préparer la suite Orienter si nécessaire | Oncologue, IDE coordinateur, médecin traitant |
| Post-opératoire | Cicatrisation, prévention des complications | Surveillance de la plaie et des drains Évaluation de la douleur Mobilisation progressive Prévention des lymphœdèmes Éducation thérapeutique | Chirurgien, IDEL, kinésithérapeute |
| Traitements systémiques (chimiothérapie, anti-HER2, immunothérapie) | Tolérance et sécurité | Repérage des toxicités (infectieuses, hématologiques) Éducation sur les signes d’alerte Surveillance de l’accès veineux Soutien | HDJ oncologie, oncologue, pharmacie |
| Radiothérapie | Limiter la toxicité cutanée et la fatigue | Soins de la peau Conseils quotidiens Repérage des signes de surinfection Soutien | Radiothérapeute, manipulateur, IDE du service |
| Hormonothérapie (long terme) | Observance et qualité de vie | Repérage des effets indésirables Explorer l’adhésion Conseils pratiques | Oncologue, médecin traitant, IDEL |
| Après les traitements | Récupération, repérage des séquelles, retour à la vie | Évaluer la fatigue, la douleur, le besoin en soins de support Interroger l’image corporelle, le retour aux activités ou au travail | Médecin traitant, soins de support, associations, réseaux cancer |
Ce tableau ne remplace pas les protocoles locaux, mais offre un repère visuel pour prioriser les actions IDE et identifier les bons relais selon la situation clinique.
Post-opératoire : soins de plaie, douleur, drains, prévention du lymphœdème
Surveillance cicatrice et pansements : signes utiles + conduite
La surveillance de la cicatrice est déterminante dès les premiers jours qui suivent une chirurgie mammaire, qu’il s’agisse d’une tumorectomie, d’une mastectomie ou d’un curage axillaire. L’objectif est d’identifier rapidement les complications afin d’orienter vers l’équipe chirurgicale sans délai.
En pratique, vous recherchez les :
- signes locaux classiques : rougeur, chaleur, écoulement, douleur anormale et fièvre.
- signes plus spécifiques : tension locale, gonflement, douleur croissante pouvant évoquer un hématome ou un sérome.
La traçabilité des soins doit préciser l’aspect de la plaie et son évolution. Ces éléments sont essentiels pour des transmissions efficaces et pour sécuriser votre pratique.
Lorsque la patiente l’autorise, des photographies peuvent compléter le suivi.
Drains et dispositifs : points de vigilance
Les drains doivent être surveillés de façon ciblée : fixation, étanchéité, volume et aspect des écoulements, douleur locale, signes infectieux. La patiente doit recevoir des informations claires sur les mouvements autorisés, les signes nécessitant une alerte et l’interlocuteur à contacter.
Prévenir et repérer le lymphœdème
La prévention du lymphœdème commence dès le post-opératoire, en particulier après un curage axillaire ou une radiothérapie ganglionnaire.
Une sensation de lourdeur, une tension, un gonflement du bras ou de l’épaule, une limitation de la mobilité ou une modification cutanée doivent conduire à une orientation précoce vers le kinésithérapeute ou l’équipe référente.
| Conseils pratiques : À titre de précaution, il est recommandé d’éviter de prendre la tension ou de réaliser les prélèvements sanguins sur le bras concerné, de protéger ce membre des blessures et brûlures, et de mobiliser progressivement le bras sans porter de charges lourdes au début. |
Traitements systémiques en ambulatoire : sécuriser la surveillance
Verrou sécurité
Les traitements systémiques — chimiothérapie, thérapies ciblées, immunothérapie et, dans certains cas, hormonothérapie — exposent à des toxicités aiguës parfois rapides et sévères. Une évaluation clinique rigoureuse et une hiérarchisation claire des situations à risque est indispensable.
| L’infirmier n’adapte jamais le traitement anticancéreux. Il repère les signes d’alerte, trace les observations et alerte l’équipe référente selon les prescriptions et les protocoles locaux. |
Trame à chaque passage
À chaque passage, la surveillance de base doit inclure :
- Les constantes et symptômes : température, état général, dyspnée, douleur, signes d’infection, vomissements, diarrhée, hydratation, diurèse, état des muqueuses.
- L’abord veineux (PAC, PICC, VVP) : rougeur, douleur, chaleur, écoulement, trajet inflammatoire, occlusion. Toute suspicion de thrombose ou d’embolie relève de l’urgence.
Hiérarchiser urgence vs alerte
Une hiérarchisation simple de l’urgence/alerte consiste à :
- appeler le 15 devant une détresse respiratoire, un malaise ou une altération majeure de l’état général,
- contacter rapidement l’oncologie/HDJ en cas de fièvre post-chimiothérapie, diarrhée sévère, vomissements incoercibles ou douleur non contrôlée.
En cas de doute, mieux vaut prévenir trop tôt que d’alerter tard.
Radiothérapie : toxicité cutanée, fatigue, douleur
La radiothérapie entraîne principalement une toxicité cutanée et une fatigue chronique, souvent sous-estimées, mais qui impactent fortement la qualité de vie. L’infirmier joue un rôle essentiel dans la prévention, le repérage et l’éducation.
Peau : conseils concrets au quotidien
Les priorités sont de :
- inspecter régulièrement la zone irradiée,
- appliquer les soins locaux prescrits par le service de radiothérapie,
- repérer les signes de surinfection ou de brûlure importante,
- donner des conseils simples : hygiène douce (savon surgras), vêtements non irritants (coton, soutien-gorge sans armature), protection cutanée.
Toute lésion sévère, suintement, surinfection ou douleur importante nécessite un avis rapide.
Fatigue : repérer, soutenir, orienter
La fatigue est fréquente et souvent cumulative.
Elle doit être évaluée par son retentissement sur les activités quotidiennes soit par une échelle simple, soit par une question directe sur la gêne ressentie.
Vous expliquez le principe du pacing (activités fractionnées, repos programmé), encouragez l’activité physique adaptée et l’optimisation du sommeil et de la nutrition.
Une fatigue sévère ou persistante justifie une orientation vers les soins de support, notamment l’APA ou l’oncopsychologie.
Douleur : mesurer, soulager, relayer
L’évaluation de la douleur doit être systématique (échelle classique 0-10).
Vous vérifiez l’efficacité des traitements antalgiques prescrits et leurs effets indésirables.
Des mesures non médicamenteuses simples peuvent être proposées quand cela est possible : chaud/froid, relaxation, position antalgique.
Si la douleur reste insuffisamment soulagée, un relais vers le prescripteur ou l’équipe douleur est nécessaire.
| Les référentiels de soins de support (INCa, AFSOS) rappellent que la prise en charge de la douleur, de la fatigue, de la nutrition, de la santé psychologique et de l’activité physique doit être coordonnée tout au long de la maladie. |
Hormonothérapie : tenir dans la durée (observance + qualité de vie)
L’hormonothérapie s’étend souvent sur 5 à 10 ans et s’accompagne d’effets indésirables chroniques (douleurs articulaires, bouffées de chaleur, troubles du sommeil et de l’humeur) susceptibles de peser sur l’observance.
Observance : 3 questions rapides
Trois questions simples suffisent généralement à ouvrir le dialogue :
- Vous arrive-t-il d’oublier votre traitement ?
- Avez-vous déjà envisagé d’arrêter ?
- Qu’est-ce qui vous gêne le plus au quotidien ?
Effets indésirables : repérer, aider, relayer
Explorer les effets indésirables ouvre sur des conseils pratiques (APA, conseils hygiéno-diététiques, sommeil, gestion des symptômes) et sur un relais vers le prescripteur en cas de gêne invalidante ou persistante.
Prévention : 1 action réaliste par semaine
Le suivi est aussi l’occasion de choisir avec la patiente une action de prévention réaliste pour la semaine (marche quotidienne, réduction de l’alcool, travail sur le sommeil, soutien au sevrage tabagique) et d’identifier les ressources locales (APA, diététique, tabacologie). Pensez à consigner l’objectif choisi et l’accord de la patiente.
Soins de support : douleur, fatigue, nutrition, image corporelle, social
Évaluer sans questionnaire lourd ( 6 items)
Les soins de support regroupent l’ensemble des soins et soutiens nécessaires pendant et après les traitements, en complément des traitements spécifiques. Ils doivent être organisés de manière coordonnée pour éviter l’isolement des patientes dans un parcours uniquement centré sur le cancer.
Un mini-bilan en 6 items, sans questionnaire lourd, suffit souvent pour orienter :
- Douleur, fatigue, sommeil.
- Anxiété, humeur.
- Appétit, perte de poids, hydratation.
- Transit.
- Image corporelle et sexualité (si la patiente souhaite aborder le sujet).
- Difficultés sociales ou professionnelles (arrêt de travail, reprise, finances).
Interventions de première intention
Certaines interventions relèvent directement de la pratique infirmière quotidienne (première intention). On y retrouve :
- la mesure de la douleur et sa réévaluation,
- l’explication du pacing pour la fatigue,
- le repérage du risque nutritionnel, la proposition d’une alimentation fractionnée,
- l’orientation vers le professionnel adapté selon les besoins.
Orienter vers les bons relais (ville/hôpitaux)
- Oncopsychologue, psychologue
- Professionnel APA, diététique, socio-esthétique
- Coordination avec le médecin traitant et l’équipe référente.
Surveillance à domicile
Tableau : repères et conduites (outil cabinet)
| Situation / symptôme | Ce que l’infirmier vérifie | Conduite immédiate | Qui prévenir ? |
| Fièvre ≥ 38 °C, frisson (surtout post-chimio) | Température, état général, date de la dernière cure | Avis urgent sans délai | Oncologie, HDJ ou 15 selon protocole |
| Dyspnée, douleur thoracique, malaise | Saturation en oxygène, signes de détresse | Urgence immédiate | 15 |
| Rougeur, douleur, écoulement de la plaie ou du PAC | Aspect, chaleur, douleur, évolution | Avis rapide | Équipe chirurgicale, oncologie |
| Vomissements incoercibles, diarrhée sévère | Hydratation, diurèse, signes de déshydratation | Avis rapide | Oncologie, médecin traitant |
| Douleur non contrôlée | Score douleur, efficacité des traitements | Relais prescripteur | Équipe référente, médecin traitant |
| Œdème du bras, lourdeur post-curage | Volume, tension, douleur, peau | Avis + orientation | Kinésithérapeute, équipe référente |
Traçabilité en 5 lignes
Standardiser la traçabilité permet de sécuriser le parcours et facilite les transmissions. Cinq lignes renseignent déjà l’essentiel :
- Symptôme clé + score ou description.
- Soins réalisés + tolérance.
- Éducation donnée + consignes de sécurité.
- Transmission/alerte + réponse obtenue.
- Prochain point de suivi ou rendez-vous.
Coordination ville–hôpital : transmissions, interlocuteurs et « qui appeler ? »
Une coordination efficace ville-hôpital limite les pertes d’information, les retards de prise en charge et les réadmissions évitables. L’infirmier fait partie intégrante de la coordination : il sert généralement de lien entre le médecin traitant, l’oncologue, l’équipe de chirurgie, les réseaux de cancérologie et les acteurs des soins de support.
Les transmissions doivent être complètes, claires et ciblées afin d’éviter les ruptures de parcours.
Les infos indispensables à transmettre
Les transmissions prioritaires à partager sont :
- Traitement en cours, date et tolérance de la dernière séance.
- Observations sur plaie, peau, accès veineux, symptômes (fièvre, dyspnée, douleur, troubles digestifs), fatigue et retentissement.
- Conduites déjà tentées et évolutions obtenues.
- Besoins de support identifiés (douleur, fatigue, nutrition, social, psychologique) et relais sollicités.
Qui contacter et quoi dire ?
| Problème rencontré | Interlocuteur prioritaire | Délai | Message type (1 phrase) |
| Symptôme grave (fièvre, dyspnée, confusion, malaise) | Urgence / 15 | Immédiat | « Patiente sous traitement X, symptômes Y, constantes Z, besoin d’un avis urgent » |
| Plaie ou cicatrice suspecte | Équipe chirurgicale / consultation | < 24-48 h | « Rougeur, écoulement + douleur, évolution depuis x jours, demande de conduite à tenir » |
| Effets indésirables modérés persistants | Oncologie / HDJ | 24-72h | Effets indésirables A et B, retentissement, mesures tentées, besoin d’avis » |
| Problème d’observance et effets gênants | Oncologie / médecin traitant | < 1 semaine | « Difficultés d’observance liées aux effets indésirables, demande d’adaptation ou de conseils » |
| Besoin de soins de support | IDE coordinateur / médecin traitant / réseau | < 1 semaine | « Besoins identifiés : douleur, fatigue, nutrition, psy, demande de relais » |
Après traitements : éviter la sortie sèche
Après les traitements, il est essentiel d’éviter une sortie sans relais.
Pour sécuriser le suivi et rassurer les patientes, il est impératif de clarifier le rôle de chacun (qui suit quoi), de repérer les séquelles, d’anticiper les besoins persistants et de rappeler les symptômes qui doivent faire reconsulter rapidement.
Erreurs fréquentes
Ne pas tracer les interventions, alerter sans données cliniques précises ou banaliser une fièvre ou une dyspnée fragilisent le parcours de soins. Se concentrer sur les soins techniques au détriment des soins de support limite l’efficacité de l’accompagnement global.
Règle simple (mnémotechnique) :
La règle à retenir est simple : 1 symptôme = 1 score = 1 conduite = 1 transmission.
- Exemple 1 : douleur 7/10 → conduite → programmation de la réévaluation.
- Exemple 2 : plaie douteuse → alerte → consigne → traçabilité.
La prise en charge infirmière du cancer du sein est à la fois complexe et exigeante. Elle mobilise des compétences cliniques, techniques, relationnelles et organisationnelles, dans un parcours où chaque étape compte.
Une surveillance insuffisante, un signe d’alerte mal interprété ou une transmission incomplète peuvent avoir des conséquences réelles pour la patiente et fragiliser l’ensemble du parcours de soins.
Dans ce contexte, il est essentiel que l’infirmier puisse s’appuyer sur des connaissances actualisées et des repères solides. Les pratiques évoluent rapidement, sous l’effet des nouveaux protocoles, des traitements innovants et des recommandations qui se renouvellent régulièrement.
Se former permet de sécuriser ses décisions, de renforcer la cohérence des prises en charge entre la ville et l’hôpital, et d’exercer avec plus de sérénité face à des situations parfois complexes.
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Pour conclure…
Sensibiliser, ce n’est pas qu’une campagne annuelle, un ruban rose, des brochures ou des statistiques. C’est une responsabilité partagée et continue.
C’est écouter, expliquer, rassurer. C’est redonner du sens au mot prévention et replacer la femme au cœur du soin.
Chaque mot posé, chaque geste de bienveillance, chaque encouragement au dépistage peut sauver une vie.
Et, la sage-femme, par sa proximité et son écoute, joue un rôle clé pour que plus aucune femme ne renonce à se faire dépister.
Alors, si vous souhaitez vous aussi vous impliquer dans les campagnes de sensibilisation, n’hésitez pas à participer aux actions Octobre Rose près de chez vous et à encourager vos patientes âgées de 50 à 74 ans à participer au dépistage organisé.
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Source :
INCa : Cancer du sein, recommandations de bonnes pratiques cliniques.
HAS : ALD n°30, cancer du sein.
AFSOS : Découvrir tous les soins de support.Légifrance : Loi n°2025-106 du 5 février 2025.