Vaccination infirmier : le guide complet pour maîtriser la vaccination en pratique

Aujourd’hui, l’infirmier ne se contente plus d’injecter un vaccin. Il écoute, rassure, explique. Il décide. 

Depuis 2023, il peut même prescrire la plupart des vaccins aux personnes éligibles, sans prescription médicale préalable.

Sur le terrain, ça change tout. Un doute, une question, un oubli, une peur… désormais, c’est vers vous que le patient se tourne. Côté institution, c’est enfin la reconnaissance de votre implication dans l’une de vos principales missions de santé publique : l’amélioration de la couverture vaccinale.

Alors en quoi consiste votre rôle dans la vaccination ?

Pour y voir plus clair, suivez ce guide. 

Il a spécialement été conçu pour vous accompagner : cadre légal, techniques, cotations, situations particulières… l’essentiel y est. 

Et pour vous aider sur le terrain, il propose des outils concrets : checklists, tableaux, protocole complet…

Info utile : si ce guide est une bonne base pour sécuriser votre pratique, il ne remplace pas la formation dédiée. 

L’évolution du rôle vaccinal infirmier

Pendant longtemps, l’infirmier ne vaccinait que sur prescription médicale, ou quand son patient l’appelait à réception du fameux bon bleu adressé par leur caisse, que vous connaissez par cœur.

En 2023, les compétences vaccinales de l’infirmier ont évolué.

Désormais, l’IDEL peut prescrire et administrer la plupart des vaccins de manière autonome, sous certaines conditions — détaillées plus bas.

Cette avancée confirme la reconnaissance de la place des infirmiers dans la prévention et renforce leur rôle dans la stratégie nationale de vaccination, en ville comme en établissement. 

Vaccination : enjeu majeur de santé publique

Avec la méfiance à l’égard des vaccins et des institutions, la couverture vaccinale a progressivement baissé ces dernières années. Elle est même clairement insuffisante pour certains vaccins essentiels, comme celui contre la rougeole, où le seuil de protection reste fragile dans certaines régions. Résultat : certaines maladies autrefois contenues par la vaccination réapparaissent.

Pour cette année, les objectifs prioritaires concernent notamment :

  • les rappels adultes, 
  • la protection des 65 ans et plus, 
  • la prévention des méningites à méningocoque 
  • le rattrapage HPV.

Pour inverser cette tendance et remettre le vaccin au goût du jour — et surtout dans la vie des populations à risque — les pouvoirs publics comptent sur ceux qui sont au plus près d’elles : les infirmiers.

Pour redécouvrir ce rôle clé, n’hésitez pas à consulter notre article : Le rôle clé de l’IDEL dans la couverture vaccinale.

Compétences vaccinales attendues chez l’IDE

Aujourd’hui, l’infirmier doit :

  • Connaître les notions immunologiques de base : mécanisme d’action des vaccins, principales familles de vaccins (vivants atténués, inactivés, ARNm).
  • Savoir lire et appliquer le calendrier vaccinal en fonction de l’âge et des situations à risque.
  • Maîtriser la prescription des vaccins autorisés aux infirmiers, en particulier chez les ≥ 11 ans.
  • Réaliser une évaluation prévaccinale structurée : statut vaccinal, antécédents, contre‑indications.
  • Maîtriser le geste technique : choix de la voie et du matériel, administration, chaîne du froid, surveillance post-vaccinale.
  • Assurer une traçabilité complète des données vaccinales.
  • Connaître la procédure pour déclarer les effets indésirables.
  • Savoir répondre aux questions et inquiétudes des patients pour limiter l’hésitation vaccinale.

Place de l’infirmier dans le parcours vaccinal

L’IDEL occupe une place stratégique dans la vaccination. Il est aux premières loges pour :

  • évaluer le statut vaccinal, 
  • identifier les vaccins qui n’ont pas été faits ou les schémas incomplets, 
  • repérer ceux à rattraper ou à programmer.

Il informe le patient, l’écoute, répond à ses questions, rassure. Quand le patient est prêt : il recueille le consentement, administre le vaccin, assure la surveillance post-vaccinale immédiate, repère et déclare les éventuels effets secondaires, trace l’acte … et reprogramme le prochain vaccin si nécessaire.

Participer à l’amélioration de la couverture vaccinale répond pleinement aux missions de santé publique que les infirmiers doivent mener à bien.

Vaccins administrables sans prescription médicale

Depuis 2023, les infirmiers peuvent administrer, sans prescription médicale préalable, les vaccins qu’ils ont eux-mêmes prescrits, dans le respect des règles en vigueur :

Concrètement, cela inclut notamment les vaccins contre :

  • la grippe saisonnière, 
  • la Covid-19, 
  • le tétanos-diphtérie-poliomyélite (dTPolio), 
  • la coqueluche (dTcaPolio), 
  • la rougeole-oreillons-rubéole (ROR) chez l’adulte non immunisé, 
  • l’hépatite B, 
  • le méningocoque, 
  • le pneumocoque (chez les personnes concernées), 
  • le HPV,
  • le zona
  • le VRS (lorsque recommandé).

Rappel utile : pour exercer ce rôle d’infirmier vaccinateur-prescripteur, vous devez au préalable actualiser vos connaissances, notamment via une formation dédiée (type DPC), puis déclarer cette nouvelle activité à l’Ordre.

Vaccins nécessitant une prescription médicale

Certains vaccins restent soumis à prescription médicale obligatoire — ou à une décision spécialisée. 

Plus que de vaccins spécifiques, il s’agit de situations particulières :

  • enfants de moins de 11 ans,
  • vaccins vivants chez les personnes immunodéprimées,
  • vaccins indiqués hors calendrier vaccinal (voyages, expositions professionnelles spécifiques, contextes particuliers).

→ Dans ces cas, une prescription du médecin est indispensable pour administrer le vaccin.

Prescription vaccinale infirmière (décret 2023) et évolutions réglementaires :

Le nouveau cadre vaccinal infirmier a été posé par le décret n° 2023-736 du 8 août 2023, qui s’appuie sur les recommandations officielles (HAS, calendrier vaccinal).

Il précise :

  • les vaccins que l’IDE peut prescrire,
  • les conditions d’administration (formation, questionnaire prévaccinal),
  • les obligations de traçabilité,
  • les formalités de déclaration des effets indésirables graves.

Rappel : Pour pouvoir ajouter cette corde à votre arc, vous devez avoir suivi une formation spécifique reconnue et déclarer cette activité de prescription à l’ordre infirmier.

À retenir :

Vous pouvez prescrire les vaccins du calendrier vaccinal à partir de 11 ans, dans les limites fixées par les textes.

Des exceptions existent pour certaines populations à risque.

Pour prescrire, vous devez suivre une formation adaptée et déclarer cette activité à l’Ordre.

Vaccins recommandés chez l’adulte

Tableau simplifié des principaux vaccins que vous pouvez prescrire et administrer, dans votre champ de compétence :

Vaccin Voie d’administrationSite d’injection 
Grippe saisonnière IM (ou SC)Deltoïde
Covid-19 (ARNm)IMDeltoïde 
dTPolio (rappel)IMDeltoïde 
Coqueluche (dTcaPolio)IMDeltoïde 
ROR (adulte non immunisé)SCDeltoïde / bras
Hépatite BIMDeltoïde 
HPV (jusqu’à 26 ans)IMDeltoïde 
Zona (selon conditions)IMDeltoïde 
Pneumocoque (≥ 65 ans ou à risque)IM ou SC selon vaccinDeltoïde 
Méningocoque BIMCuisse / deltoïde
Méningocoque ACWYIMDeltoïde 
VRS (≥ 60 ans) — nouveauté 2026IMDeltoïde 

Vaccins populations spécifiques

Tous les vaccins ne ciblent pas les mêmes populations. Pour proposer la bonne vaccination, à la bonne personne, au bon moment, dans les bonnes conditions, vous devez connaître : leur indication, leur schéma, les effets attendus, les cibles prioritaires.

Principales particularités à retenir :

  • Femmes enceintes : grippe, coqueluche (dTcaPolio) dès le 2e trimestre.
  • Professionnels de santé : hépatite B, grippe, coqueluche, varicelle (si non immunisé), parfois autres vaccins selon exposition.
  • Personnes immunodéprimées : schémas renforcés ou adaptés pour grippe, pneumocoque, hépatite B, avec prudence sur les vaccins vivants (avis médical obligatoire).
  • Entourage de nourrissons : stratégie de cocooning (coqueluche, grippe…).

Pour en savoir plus, découvrez notre formation DPC : Prescription des vaccins par l’IDEL.

Vaccins grippe, Covid et rappels

S’il est un vaccin que vous connaissez par cœur, c’est celui contre la grippe. À chaque entrée dans l’hiver, la plupart de vos patients reçoivent leur bon de prise en charge du vaccin antigrippal, et réclament — ou pas — leur injection.

Depuis la pandémie, le vaccin contre le Covid-19 fait, lui aussi, partie de la campagne annuelle. Dans certaines situations, les deux vaccins peuvent d’ailleurs être administrés conjointement.

Les rappels, (comme le dTPolio, parfois associé à la coqueluche) sont idéalement à reprogrammer tous les 10 à 20 ans selon l’âge, la situation et les consignes du calendrier. 

Rappel : Vérifiez systématiquement le statut vaccinal de vos patients et programmez les rappels.

Nouveautés calendrier vaccinal 2026

Les principales nouveautés du calendrier vaccinal 2026 concernent :

  • Le vaccin VRS (virus respiratoire syncytial) : recommandé pour les ≥ 60 ans, dans des conditions précises.
  • Le rappel de coqueluche pour les adultes en contact avec des nourrissons.
  • Le HPV : et plus particulièrement, le rattrapage étendu jusqu’à 26 ans, y compris chez les hommes non vaccinés.
  • Le méningocoque : les indications ont été clarifiées, notamment pour les adolescents et jeunes adultes — rappel méningocoque ACYW recommandé avant 25 ans pour les primo-vaccinés.
  • La dengue : recommandations élargies dans les départements et régions d’outre-mer.

Les recommandations étant mises à jour régulièrement, référez-vous toujours au calendrier vaccinal officiel en vigueur.

Évaluation du statut vaccinal

Première étape : faire le point sur ce qui a été fait et sur ce qui manque.

L’évaluation du statut vaccinal consiste à :

  • Relever les vaccins réalisés et les dates des derniers rappels
  • Comparer avec le calendrier vaccinal adapté à l’âge et au contexte
  • Repérer les vaccins manquants ou schémas incomplets.

Vérification des contre-indications

Deuxième étape : vérifier les contre-indications à la vaccination à l’aide d’un questionnaire prévaccinal.

Les principales contre-indications sont :

  • L’allergie sévère (anaphylaxie) à un composant du vaccin
  • Les vaccins vivants atténués chez les personnes immunodéprimées ou certaines femmes enceintes
  • Une fièvre élevée > 38,5°C : reporter la vaccination après l’épisode fébrile.

Préparation du matériel

Avant d’administrer un vaccin :

  • Vérifiez l’identité du patient.
  • Contrôlez le vaccin : nom, date de péremption, intégrité du flacon, aspect.
  • Assurez-vous du respect de la chaîne du froid.
  • Préparez le matériel.
  • Reconstituez le vaccin si nécessaire selon la notice.

Administration

La base de tout soin reste l’hygiène : mains, site, environnement direct.
Le geste comprend :

  • le lavage des mains avant (et après), 
  • la désinfection du site, 
  • le choix du site,
  • l’acte d’injection selon les recommandations en vigueur.

Surveillance

La surveillance post-vaccinale consiste à rechercher les signes de réactions immédiates. Elle doit durer au minimum 15 minutes. 

Informez le patient des effets secondaires possibles (douleur au site d’injection, légère fièvre, fatigue) et des signes qui doivent alerter (fièvre élevée, malaise, réaction locale anormale…).

Traçabilité

La traçabilité est une obligation réglementaire

Elle inclut :

  • le nom et le numéro de lot du vaccin
  • la date d’administration
  • le site d’injection
  • les effets indésirables observés
  • votre nom ou numéro RPPS.

Injection intramusculaire (IM)

Points clésIntramusculaire 
Indication Voie de référence pour la majorité des vaccins 
Objectif Bonne absorption, réponse immunitaire optimale
Aiguilles recommandées25 mm (adulte) / 16 mm (enfant)
Site d’injection Muscle deltoïde (adulte et adolescent)
Angle d’injection90°
Technique Injection franche, geste rapide
Vitesse d’injectionEnviron 1mL / 10 secondes
Après l’injectionRetirer l’aiguille et appuyer sans frotter

Rappel : une injection trop superficielle réduit l’efficacité du vaccin et augmente les réactions locales.

Injection sous-cutanée (SC)

Points clésSous-cutanée
Indication Certains vaccins (ex. ROR, varicelle)
Objectif Diffusion plus lente dans le tissu sous-cutané
Aiguille recommandée16 mm 
Sites d’injection Face externe du bras ou cuisse
Angle d’injection45°
Technique Pincer un pli cutané avant injection
Vitesse d’injectionInjection lente
Après l’injectionRelâcher le pli, appuyer légèrement sans masser fort

Injection intradermique (ID)

Points clésIntradermique 
Indications BCG, test tuberculinique, certains protocoles spécifiques
Objectif Réponse locale ciblée
Aiguille recommandéeAiguille courte et fine (10 mm / 26G)
Site d’injection Face antérieure de l’avant-bras
Angle d’injection10 à 15°
Technique Injection très superficielle
Signe d’une bonne injectionFormation d’une papule (6-8mm)
Après l’injectionNe pas masser

L’absence de papule est signe que l’injection a été trop profonde.

Choix du site d’injection

Voie Site adulte Site enfant et nourrisson
IntramusculaireDeltoïde Cuisse (vaste externe)
Sous-cutanée Bras (face externe)Cuisse 
Intradermique Face antérieure de l’avant-brasFace antérieure de l’avant-bras

→ Adaptez toujours la voie et le site au vaccin, à l’âge, à la corpulence et aux recommandations officielles.

Maîtriser les techniques de vaccination est indispensable pour garantir l’efficacité du vaccin et limiter les effets indésirables.

Retrouvez les bases dans notre article : Techniques d’administration des vaccins — guide complet.

Effets secondaires fréquents

La plupart des effets indésirables courants sont bénins et transitoires. Il s’agit généralement d’une réponse immunitaire normale

Signes locauxDouleur, rougeur, induration au site d’injection → 1 à 3 jours
Signes générauxLégère fièvre (< 38,5°C), fatigue, céphalées, myalgies → 24 à 48 h
Chez l’enfantIrritabilité, pleurs, somnolence

Gestion des réactions allergiques

Les réactions allergiques post-vaccinales sont rares, mais doivent être anticipées. 

Votre rôle est de :

  • reconnaître les signes de gravité, 
  • distinguer une réaction légère à modérée d’une réaction sévère (anaphylaxie), 
  • déclencher une prise en charge en urgence quand elle est nécessaire.

Conduite à tenir en cas d’anaphylaxie

Gestion de l’urgence anaphylactique
Appelez immédiatement le SAMU (15).Installez le patient en position adaptée (décubitus dorsal, jambes surélevées si toléré, ou position semi-assise si dyspnée).Administrez de l’adrénaline en IM dans la cuisse, selon protocole.Surveillez le patient jusqu’à l’arrivée des secours.

L’adrénaline est le traitement de première intention. Il ne doit pas être retardé.

Conseils post-vaccination

Après l’injection, vous indiquez au patient :

  • les effets secondaires attendus, 
  • les signes d’alerte nécessitant de consulter (fièvre > 39°C, réaction locale importante, malaise, difficulté respiratoire),
  • les numéros à appeler en urgence.

Quand un patient vous pose une question au sujet de la vaccination, vous devez savoir y répondre. Cela suffit parfois à lever les inquiétudes et à améliorer l’adhésion vaccinale.

Pour savoir quoi répondre, consultez notre article : Réponse du patient à la vaccination — mécanismes, variations et rôle de l’IDEL.

Organisation vaccination à domicile

Dans des journées chargées, l’organisation est cruciale — surtout pour la vaccination, dont les réactions peuvent être imprévisibles.

Avant la vaccinationInformation patient + consentementDisponibilité vaccin + patient + prescription Éligibilité vaccinale
Planification Regrouper les vaccinations sur des créneaux dédiés Intégrer la surveillance post-vaccinale de 15 minutesAdapter la tournée pour bien respecter le protocole

La vaccination nécessite d’avoir du temps : ne la programmez jamais entre deux soins sans temps dédié.

Chaîne du froid

Le respect de la chaîne du froid conditionne l’efficacité du vaccin. 

Assurez-vous que le vaccin a bien été conservé au réfrigérateur (+2°C et +8°).

Si vous le transportez, utilisez un moyen de conservation adapté (isotherme, glacière…).

Limitez le temps à température ambiante.

Rappel : Un vaccin laissé à température ambiante au-delà de la durée autorisée ne doit pas être injecté.

Sécurité vaccination domicile

Avant de sécuriser l’acte, sécurisez l’environnement :

  • Kit d’urgence disponible
  • Matériel conforme
  • Environnement calme
  • Installation confortable
  • Surveillance post-vaccinale immédiate sur place.

Pensez aussi à adapter la communication au patient (âge, troubles cognitifs…).

Traçabilité à domicile

La traçabilité est la même au domicile qu’en cabinet : obligatoire

→ Inscrivez l’acte dans le carnet de vaccination, le dossier médical et/ou le DMP. Notez-y : vaccin, lot, date, heure, site, identité de l’infirmier.

Pour aller plus loin, consultez notre article : Vaccination à domicile — Guide pratique complet pour les IDEL.

Cotation vaccination IDEL

Les cotations de la vaccination ont évolué pour suivre l’élargissement de votre rôle. Elles dépendent toujours de la NGAP en vigueur.

AMI 2.4 et AMI 3.05

Concrètement, vous utilisez 2 cotations : AMI 2.4 et AMI 3.05.

AMI 2.4AMI 3.05
Vaccin soumis à prescription médicale.Vaccin ne nécessitant pas de prescription ou déjà prescrit.

Montant actuel : 7,56 euros *
Prescription + réalisation de l’acte (rôle élargi/décret 2023). 
Cela comprend l’évaluation prévaccinale, la décision de vaccination, la traçabilité.

Montant actuel : 9,61 euros*

* Tarif en vigueur au 15/04/2026

Rappel : le montant des actes évolue régulièrement. Vérifiez toujours les tarifs en vigueur (Ameli) avant de facturer. En cas de doute, rapprochez-vous de votre caisse.

Info utile : certaines majorations peuvent être ajoutées selon le contexte.

Cas particuliers

  • Vaccinations concomitantes Grippe/COVID pour personnes éligibles : 2 actes distincts = 2 facturations.
  • Vaccin + autre soin : acte cumulable à taux plein, dans les limites des règles de cumul.
  • Vaccination enfant de moins de 11 ans : prescription médicale obligatoire.
  • Vaccin hors calendrier vaccinal : uniquement sur prescription médicale.

En cas de doute, vérifiez la cotation plutôt que de risquer des rejets ou des indus.

Indemnités de déplacement

Lorsque vous intervenez au domicile du patient ou en établissement, des indemnités de déplacement (IFD, IK) s’ajoutent à l’acte de vaccination selon les règles habituelles.

Pour revoir les règles spécifiques de cotation du vaccin antigrippal, consultez notre article : Campagne de vaccination contre la grippe 2024-2025 — le rôle crucial des Idel, cotations et obligations à connaître.

Objectifs du questionnaire prévaccinal

Le questionnaire prévaccinal permet :

  • d’identifier les contre-indications,
  • de structurer l’entretien avec le patient,
  • de sécuriser la décision de vaccination,
  • de tracer l’évaluation initiale.

Questions essentielles

Il doit couvrir au minimum :

  • les antécédents allergiques
  • le statut immunitaire (traitements immunosuppresseurs, corticothérapie prolongée, chimiothérapie, infection VIH…)
  • l’état de santé actuel (fièvre, infection en cours…)
  • la grossesse
  • les vaccinations antérieures (réactions ?)
  • les traitements en cours (notamment, anticoagulants).

Exemple de questionnaire

Questionnaire prévaccinal

1 → Avez-vous déjà eu une réaction allergique sévère après une injection ou un médicament ? oui / non  
2 → Avez-vous de la fièvre aujourd’hui ? oui / non 
3 → Êtes-vous enceinte ou susceptible de l’être ? oui / non 
4 → Prenez-vous un traitement immunosuppresseur (ou lourd) ? oui / non 
5 → Avez-vous déjà reçu ce vaccin ? Si oui, y a-t-il eu des effets indésirables ? oui / non 
6 → Prenez-vous des anticoagulants ? oui / non 

Interprétation du questionnaire

L’interprétation des réponses doit rester prudente.

Une réponse positive ne contre-indique pas systématiquement la vaccination, mais doit alerter.

En cas de doute, reportez la vaccination, complétez l’évaluation et demandez un avis médical.

Répondre aux objections les plus fréquentes

Certains patients hésitent ou refusent la vaccination : peur de l’injection, sentiment de ne pas être concernés, idées reçues, informations erronées…

L’objectif n’est pas de convaincre à tout prix mais de répondre clairement et simplement.

Exemples de réponses pratiques :

  • Les vaccins causent l’autisme → Cette affirmation est fausse. Les études n’ont pas retrouvé de lien entre la vaccination et l’autisme.
  • Je suis en bonne santé, je n’en ai pas besoin → La vaccination protège aussi les autres, en particulier les personnes vulnérables de l’entourage.
  • Les effets secondaires sont dangereux → La majorité des effets indésirables sont bénins et transitoires. Les effets graves sont rares.

Pour plus de détails, consultez notre article : Gérer l’hésitation vaccinale.

Rassurer le patient

L’écoute active et non jugeante est la base de la réassurance.

Écoutez les peurs sans les minimiser, reformulez, validez les préoccupations, puis seulement, apportez des réponses concrètes.

Parfois, proposer au patient de réfléchir et reprogrammer le soin est plus efficace que de forcer la décision.

Défiance vaccinale

La défiance vaccinale repose souvent sur une mauvaise expérience passée, des convictions personnelles ou une méfiance vis-à-vis des institutions.

Votre rôle est d’écouter, d’informer, de rassurer sans minimiser et de respecter le choix final du patient.

Communication efficace

Une communication efficace repose sur quelques principes simples :

  • écouter les préoccupations du patient,
  • adapter le discours au patient,
  • s’appuyer sur des sources fiables (ex : Inserm).

L’objectif est de maintenir une relation de confiance, même en cas de refus.

Les infirmiers sont régulièrement confrontés aux controverses autour de la vaccination. Une communication claire et rassurante peut suffire à faire évoluer la position d’un patient hésitant.

Pour plus de détails, consultez notre article : Vaccination — controverse et défiance autour des vaccins en France.

Patients atteints de maladies chroniques

Les patients atteints de maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque, BPCO, insuffisance rénale…) sont plus vulnérables aux infections. 

Chez eux, la vaccination est indispensable.

Rappel : traitement immunosuppresseur + vaccin vivant = avis médical et vigilance renforcée.

Pour plus de détails, découvrez notre article : Vaccination et maladies chroniques — guide complet pour les IDEL.

Personnes âgées

Avec l’âge, les défenses immunitaires diminuent. Les personnes âgées sont donc plus exposées aux infections et à leurs complications.

Les vaccinations recommandées sont les suivantes : grippe, Covid-19, pneumocoque, dTPolio (rappels), zona. 

D’autres vaccins peuvent être proposés selon les recommandations en vigueur (ex : VRS).

Campagnes de vaccination

Lors des campagnes annuelles (grippe, Covid, campagnes locales), l’infirmier peut intervenir en centre de vaccination. Il travaille alors selon des protocoles standardisés, en coordination avec les autres professionnels présents.

Vaccination en établissement

En EHPAD ou en établissement, médecin coordonnateur et infirmiers organisent conjointement la vaccination : recueil des consentements, organisation des séances, traçabilité…

Calendrier vaccinal 2026

Le calendrier vaccinal est publié chaque année par le ministère de la Santé. Vous pouvez le consulter sur le site de Santé Publique France ou sur ameli.fr. 

Il permet de :

  • connaître les vaccins recommandés selon l’âge
  • vérifier les schémas (primo-vaccination, rappel)
  • identifier les recommandations spécifiques (patients à risque, professionnels de santé, territoires).

→ C’est le référentiel de base pour toute décision vaccinale.

Checklists vaccination

Checklist vaccination infirmier :

1 → Vérification de l’identité patient 
2 → Contrôle du vaccin
3 → Vérification des contre-indications (questionnaire prévaccinal)
4 → Préparation du matériel et hygiène des mains
5 → Administration selon la voie recommandée
6 → Surveillance d’au moins 15 minutes
7 → Traçabilité complète dans le dossier.

Pour aller plus loin, découvrez notre article : Les bases incontournables de la vaccination — ce que tout IDEL doit savoir.

Obligations réglementaires

Tous les infirmiers doivent se former tout au long de leur carrière, quel que soit leur mode d’exercice. Il s’agit d’une obligation réglementaire.

Mise à jour des compétences

La vaccination est un thème prioritaire de santé publique. 

Se former régulièrement permet de :

  • se tenir à jour sur le cadre légal et le calendrier,
  • sécuriser sa pratique,
  • mieux gérer les situations à risque.

Formation DPC vaccination

Si vous souhaitez élargir vos compétences et devenir prescripteur, c’est le moment de remplir votre obligation avec notre formation spécialement conçue pour les infirmiers.

Découvrez-la ici : Prescription des vaccins par l’IDEL.

L’infirmier peut-il prescrire les vaccins ?

Oui, depuis le décret du 8 août 2023, les infirmiers peuvent prescrire et administrer les vaccins figurant au calendrier vaccinal pour les personnes âgées de 11 ans et plus. Les vaccins hors calendrier et la vaccination des moins de 11 ans restent soumis à prescription médicale.

Quels vaccins sans prescription ?

L’infirmier peut administrer sans prescription tous les vaccins suivants, conformément aux recommandations en vigueur : grippe, Covid-19, DTPolio, coqueluche, ROR, hépatite B, méningocoque, pneumocoque, HPV, zona, VRS (2026). 

Peut-on vacciner à domicile ?

Oui. Les infirmiers peuvent vacciner à domicile. Les conditions sont les mêmes qu’en établissement : respect de la chaîne du froid, trousse d’urgence avec adrénaline disponible et temps dédié à la surveillance post-vaccinale de 15 minutes minimum sur place.

Comment facturer la vaccination ?

La cotation dépend du contexte. Pour une vaccination sur prescription médicale : la cotation AMI 2.4 s’applique. Pour une vaccination + prescription (décret 2023) : c’est l’AMI 3.05. Des indemnités de déplacement s’ajoutent pour les visites à domicile. Fiez-vous toujours à la NGAP en vigueur.

Sources :

Vaccination Info Service : La vaccination au cours de la vie.

Légifrance : Décrets, arrêtés, circulaires — Décret n° 2023-736 du 8 août 2023.

*Ameli : Vaccination par l’infirmier

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